Recomposition de l’offre et innovations de terrain
Adaptation des plateaux techniques et de l'accompagnement
Pour faire face, une première réponse a consisté à renforcer la spécialisation gériatrique des équipes et à investir dans des équipements adaptés. Beaucoup de centres ont élargi leur offre de soins à la prise en charge :
- des troubles neurologiques post-AVC
- de la rééducation orthopédique sur terrain fragile
- des pathologies cardiovasculaires fréquentes chez les séniors
Le SSR de Rouvroy, à titre d’exemple, a développé un plateau technique dédié à la réhabilitation des personnes âgées atteintes de troubles de l’équilibre ou de la mobilité, combinant kinésithérapie avancée, simulation de chute et ateliers d’autonomisation (source : rapport ARS HDF 2022).
Renforcement des équipes pluridisciplinaires
La complexification des cas s’accompagne d’un nécessaire renforcement pluridisciplinaire :
- Recrutement de gériatres, nutritionnistes et ergothérapeutes
- Développement de services sociaux et d’accompagnement psychologique
- Mise en œuvre de pratiques de coordination, notamment avec les familles et les aidants (plan d'accompagnement personnalisé à la sortie du SSR)
À Saint-Quentin, le SSR du Centre Hospitalier a ainsi récemment constitué une unité mobile d’accompagnement des sorties, en partenariat avec les dispositifs d’appui à la coordination (DAC/MAIA), permettant une meilleure continuité du parcours de soins.
Développement de l’hospitalisation de jour et de l’ambulatoire
Face au risque de saturation, une tendance régionale forte : la montée en puissance des prises en charge de jour ou en ambulatoire, visant à raccourcir les séjours tout en maintenant les suivis. Ce mode concerne aujourd’hui jusqu’à 23 % des patients âgés en SSR en Picardie (source : ATIH, 2022), avec des retours à domicile facilités par le développement des réseaux de soins de ville et des services d’aide à domicile.
Cette évolution répond à la fois à la volonté politique de maintenir les personnes âgées à domicile et à la nécessité de désengorger les structures hospitalières classiques. Mais elle suppose un renforcement des liens entre SSR, médecins libéraux, infirmiers à domicile et plateformes gériatriques territoriales – un travail en cours, qui reste hétérogène selon les territoires.