Quelles spécificités de l’offre picarde ?
Sous-capacité documentée vs. besoins régionaux
Le rapport d’évaluation de la Cour des Comptes publié en 2020 souligne la sous-capacité chronique de la Picardie en SSR cardiaques, avec une dotation inférieure de 15 à 20 % à la moyenne nationale (5 places pour 100 000 habitants contre 6,2 en France). À titre d’exemple : le CHU Amiens couvre à lui seul plus de 40 % des séjours régionaux – un taux de centralisation élevé pour une région peu dense.
Cette tension explique en partie le recours à des établissements extra-régionaux (par exemple, le recours notable des Axonais et Samariens au CH Calot de Berck, ou au CHU de Lille pour les cas les plus complexes), avec des délais d’attente pouvant dépasser 4 à 8 semaines pour certaines indications sélectives (Fédération Hospitalière de France, 2023).
Modes d’orientation et recrutement des patients
Les circuits d’admission reposent très majoritairement sur les services de cardiologie, de chirurgie cardiaque, et les unités de soins intensifs coronariens publics du territoire. Les prescriptions émanent aussi des cardiologues libéraux et, plus rarement, en post-urgence. Les filières de cancéro-cardiologie (patients ayant besoin d’une réhabilitation dans un contexte oncologique) restent à créer, bien qu’émergentes.
Équipe pluridisciplinaire et variabilité des plateaux techniques
Tous les établissements de la région assurant une réadaptation cardiaque disposent d’au moins :
- Un plateau d’épreuve d’effort sécurisé
- Des kinésithérapeutes et éducateurs sportifs spécialisés
- Un accompagnement psychologique
- Une consultation diététique
Les centres de plus grande taille (CHU, UGECAM) proposent un accès direct à l’imagerie cardiovasculaire, à des expérimentations d’exercice en téléréadaptation ainsi qu’à des ateliers collectifs d'éducation thérapeutique labélisée.